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Amérique latine

Il s’agit d’une REPRÉSENTATION géopolitique relativement récente qui va à l’encontre de la division classique et géologique du continent américain en trois parties : Amérique du Nord, Amérique centrale et Amérique du Sud. L’idée d’opposer deux grands ensembles géopolitiques, l’Amérique du Nord anglo-saxonne - soit deux États, 22 millions de km2 et 345 millions d’habitants - à une Amérique latine regroupant l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et le Mexique (lequel, géologiquement, fait partie de l’Amérique du Nord) - soit trente-cinq États, 20,5 millions de km2 et 560 millions d’habitants environ - est aujourd’hui couramment admise.  ( … )

Si cette Amérique n’est dénommée « latine » que depuis un demi-siècle environ, l’idée apparut cependant vers 1862 lorsque Napoléon III, profitant de la guerre de Sécession qui ravageait les États-Unis et les empêchait de veiller au respect de la doctrine de Monroe, voulut se mêler des affaires mexicaines et mettre sur le trône un prince européen, Maximilien d’Autriche. L’appellation Amérique latine marquait alors les liens avec l’Europe. C’est pendant la Seconde Guerre mondiale que des géographes nord-américains, James et Platt, reparlèrent d’Amérique latine pour la distinguer de l’Amérique anglo-saxonne. Le terme fut repris par les Nations unies, dans le contexte des débats sur le sous-développement, quand fut créée la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL [aujourd’hui CEPALC ou Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes]).  ( … )

Dans les années 50, le terme devint d’usage général.

La « latinité » ainsi affirmée est-elle pour autant un facteur unifiant et reconnu par tous ? À cinq siècles de la découverte des « Indes occidentales », le terme est réfuté par ceux qui s’affirment les descendants politiques des autochtones, et qui se présentent comme des victimes de l’Occident au même titre que les Africains et que les Asiatiques.  ( … )

[ Extraits adaptés de l’article « Amérique latine » du DICTIONNAIRE DE GÉOPOLITIQUE, sous la direction de Yves LACOSTE, Éditions FLAMMARION 1996, pp. 134-135 ]